Ada Colau est une femme combative. Elle est l’initiatrice de la PAH (Plate-forme des Affectés par l’Hypothèque), un mouvement citoyen de protection face aux abus des banques. En Espagne, avec un taux de chômage de 25%, les banques condamnent ceux qui sont incapables de rembourser leur hypothèque. Les familles restent à la rue, perdent leur maison, et s’endettent à vie envers la banque à cause des impayés.

Dans une récente interview[1], Ada racontait sa plus grande surprise lorsqu’elle a commencé son action contre les abus des banques. Elle ne rencontrait pas des gens agressifs ou indignés, comme elle s’y attendait. Elle rencontrait des gens qui se sentaient coupables, honteux et déprimés car incapables de payer leur crédit immobilier.

La PAH a non seulement fourni des abris, des conseils juridiques et du soutien citoyen. Elle a aussi donné de la dignité à la souffrance et a fait de cette souffrance un symptôme, un mal-être formalisé, et donc traitable.

Il a été dit qu’Ada Colau était sensible à la question parce qu’elle l’avait vécue de près, avec un membre de sa famille. Mais elle a expliqué dans cette interview que la création de la PAH avait coïncidé avec sa grossesse et la naissance de son fils.

Serait-ce que, entre autres, Ada sait qu’il faut une maison, un refuge, pour pouvoir devenir mère ?

Pour certaines femmes la « maison » fonctionne comme une figure de l’Autre, comme le corps aussi peut l’être. Et les deux sont nécessaires pour pouvoir mettre au monde.

[1] http://www.tv3.cat/videos/5263531/Ada-Colau