Cinq rencontres et quatre textes nous permettront de saisir ce que Lacan indiquait en 1976 : « Dans l’utérus de la femme, l’enfant est un parasite, tout l’indique, jusqu’au fait que ça peut aller très mal entre ce parasite et le ventre ». Ce que désigne Lacan, c’est très précisément le rapport au réel que toute grossesse convoque, chacune présentant un petit déni de grossesse. « Il y a toujours un point où une femme ne sait pas qu’elle est enceinte, commente Éric Laurent. Il y a des détails très précis, très délicats qui n’apparaissent que dans une analyse ». Il s’agit là du rapport réel au vivant, étranger, dans son corps propre, même si le sujet a à sa disposition le recours au signifiant. Ces petits détails où insiste quelque chose qui ne veut pas se savoir, on les retrouve dans tous les cas, de l’ordinaire de la grossesse au déni radical, à la condition bien sûr de s’en faire le destinataire à la hauteur de sa tâche comme disait Lacan.
Cette édition spéciale se propose d’interroger une clinique des variétés des dénis de grossesse, par le chemin de ce réel en jeu, parfois saisissant, voire dramatique.
– L’effraction avec Patrick Pelloux, l’urgence des corps, la douleur, vers le bris d’une annonce ;
– La sidération, entre certitude et réalité, avec l’entretien de Véronique Boultareau, sage-femme échographiste ;
– Quelle pratique ? Francesca Biagi-Chaï, psychiatre et psychanalyste nous oriente sur cette clinique du réel, essai de dialectisation dont l’écrivaine Isabelle Pandazopoulos traite dans son roman La décision ;
– Quatre textes de psychanalystes sur le chemin tragique du déni à l’infanticide, des statuts du corps et de l’enfant.

Une confidence musicale vient clore cette édition…Des embrouilles du corps aux paradoxes du désir par les deux artistes Brigitte… Bonne écoute !

Myriam Perrin

Psychanalyste, membre de l’ECF