James Ensor (1860-1949) est un peintre belge qualifié de novateur et de torturé lors de l’exposition de certaines de ses toiles en 2009 au musée d’Orsay en collaboration avec le Museum of Modern Art de New-York.

Peintre inclassable, le début de l’œuvre de James Ensor est influencé par le mouvement naturaliste. Sa peinture du début le fait être rangé parmi les peintres impressionnistes dont pourtant il se défendait. Dès le début des années 1880, les masques apparaissent dans sa peinture. Mais c’est quelques années plus tard quedeux événements majeurs marqueront à jamais sa peinture et sa créativité. En 1887, l’artiste perd son père et sa grand-mère auxquels il était très attaché. Au même moment, ses peintures sont mal accueillies par la critique. Un tournant s’opère alors pour James Ensor. Blessé et déçu, il se réfugie derrière la peinture de masques avec l’utilisation de couleurs vives. La critique est vécue pour ce peintre comme extrêmement violente, voir persécutive. Pour se protéger de la jouissance de l’Autre, il développe alors un imaginaire onirique et grotesque, avec cette utilisation de masques de carnaval et cette dramatisation de l’usage de la couleur et de la lumière. Cette atmosphère de carnaval est alors proche de l’angoisse et de la peur.

 Mais ce qui semble particulièrement intéressant dans l’œuvre de James Ensor, c’est dans sa créativité à faire face à la jouissance de l’Autre, lorsqu’il est confronté aux critiques qui auront une valeur de persécution à ses yeux. En effet, d’habitude le masque est utilisé pour voiler, camoufler l’horreur. C’est d’ailleurs ce que fait le sujet névrosé avec le fantasme. Or dans les tableaux de ce peintre, c’est dans le masque lui-même que se trouve l’horreur, le réel de l’inconscient.. On peut alors imaginer la visée de James Ensor dans l’invention de ces masques : saisir le spectateur et finalement pétrifier l’Autre qui tente de l’assaillir. James Ensor tend par cette manœuvre à faire figure d’une Méduse dans la mythologie grecque afin de pétrifier ce qui fera son trauma : le regard.