Le Diagnostic Pré Implantatoire, test de diagnostic génétique à visée préventive, existe déjà. Il s’agit du tri des embryons quelques jours après la fécondation in vitro.

Dans un article paru sur le site bioéthique.com, en mars dernier, Jacques Testart interroge les conséquences de cet outil : « Ce tri embryonnaire ouvre en réalité des perspectives eugéniques sans véritables limites, par la détection de handicaps multiples. » Et il donne deux exemples : la Grande-Bretagne où le DPI permet d’éliminer un embryon porteur d’un risque de strabisme, et l’Australie où les médecins acceptent, lorsqu’une famille connaît des cas d’autismes, de sélectionner les embryons. Comme les gènes de l’autisme ne sont pas identifiés et qu’on sait qu’il y a trois fois plus de garçons que de filles qui en sont atteints, on supprime les garçons. La statistique vient ainsi au secours de la génétique afin « d’éviter le risque de transmettre un risque ».

Selon Jacques Testart, le DPI concernera bientôt tous les couples et tous les embryons, ouvrant ainsi des perspectives vertigineuses. Si le politique et le droit, avec les comités d’éthique et les lois de bioéthique, se saisissent et légifèrent déjà sur ces questions, il n’en reste pas moins qu’au temps de la mondialisation la possibilité s’offrira non seulement du choix du mode de fécondation mais aussi d’un choix génétique concernant l’enfant à venir.

N’assisterons-nous pas, dès lors, à une tentative de normalisation des jouissances avec une science qui se fera l’agent d’un supposé bien de l’autre ? Le choix d’être mère pourra se doubler du choix sélectif de l’enfant à venir. Le fantasme entrera dans la réalité en donnant corps au rêve de l’enfant idéal. Le pari que l’analyse aura alors à relever avec chaque mère sera de lui permettre de se débrouiller d’un réel qui bat en brèche les coordonnées symboliques antérieures, et de s’orienter à partir de ces nouvelles configurations et des nouveaux symptômes engendrés par ces mutations.