« La valeur de la psychanalyse, dit Lacan dans l’Allocution sur les psychoses de l’enfant, c’est d’opérer sur le fantasme »[i]. Cependant, comme nous n’interprétons pas le fantasme, c’est la dialectique du désir que nous saisissons à travers le fantasme, ce sont ses antinomies, ses ruelles sans issue, ses retombées sur le corps, qui peuvent aussi concerner l’infertilité féminine, historiquement étudiée dans cette perspective par une Therese Benedek. Les techniques de la PMA arrivent à contourner le désir, à le forcer à travers le corps.

La nouveauté de la greffe de l’utérus[ii] c’est qu’elle opère sur le corps pour donner lieu à un désir qui ne pourrait pas se formuler chez une femme née sans utérus. Le parallèle le plus proche est celui avec Oscar Pistorius avant que son nom ne soit associé à la rubrique des faits divers. Dans ce sens la transplantation d’utérus est aussi une greffe de désir, c’est la greffe d’une possibilité de désirer dans un corps, dans lequel autrement, ce désir aurait été interdit. S’agit-il d’un nouveau désir qui devient un droit ?

 

[i]  Lacan J., « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres Écrits.

[ii] http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/10/04/naissance-du-premier-enfant-concu-apres-une-greffe-d-uterus_4500344_1651302.html