On ne présente plus The Birds d’Alfred Hitchcock, sorti en 1963, grand classique de l’histoire du cinéma.

Allons droit au noeud du film où se jouent de subtiles répliques entre la captivante Mélanie Daniels (Tippi Hedren ) et Anny Hayworth ( Suzanne Pleshette), dont le sujet est la mère de Mitch Brenner ( Rod Taylor), Lydia Brenner (Jessica Tandy), veuve depuis quelques années.

« Son attitude me rendait folle. Je me demandais ce que j’avais fait pour lui déplaire. ⎯Qu’aviez vous fait ? Rien. J’existais simplement. Comment l’expliquer ? Une femme jalouse? Une mère abusive ? Erreur! Rien à voir avec le complexe d’Oedipe. Alors c’est quoi ? Lydia m’aimait bien. C’est la part la plus étrange. Maintenant nous sommes même devenues amies. Pourquoi cette hostilité alors ?….» Mélanie finit par conclure, lassée, que c’est sans doute la crainte d’être abandonné par ses enfants qui anime l’hostilité de cette mère. Et puis on continue à faire des hypothèses variées quant à l’amour « possessif » de celle-ci pour son fils et sa fille, jusqu’à ce que ce dernier appelle Mélanie pour l’inviter à l’anniversaire de sa petite soeur, Cathy Brenner (Veronica Cartwright) ⎯ au cours duquel d’ailleurs on saisit mieux les motifs obscurs de M. Daniels, abandonnée par sa mère à l’âge de onze ans…

   La séquence que nous évoquons se termine par quelque chose qui frappe violemment à la porte, comme un coup de poing ; Mélanie ouvre celle-ci, et les deux femmes voient interloquées une mouette sur le sol, morte : « Regardez! s’exclame Mélanie.⎯Elle se sera égarée dans l’obscurité. ⎯Mais il fait clair Annie, c’est la pleine lune. »

Chacun pourra ainsi voir ou revoir comment Hitchcock noue dans la trame de son film le désir de la mère à un réel sans loi.