« Elle était déjà vieille en ce temps-là, petite, et de quelque embonpoint. Mais ses yeux étaient magnifiques et ses mains étaient mignonnes et j’aimais baiser ses mains. Je voudrais relire les lettres qu’elle m’écrivait de Marseille avec sa petite main, mais je ne peux pas. J’ai peur des signes vivants. Lorsque je rencontre ses lettres, je ferme les yeux et je les range, les yeux fermés. Je n’ose pas non plus regarder ses photographies, où je sais qu’elle pense à moi. »

Albert Cohen, Le livre de ma mère, Folio, 1998

Moins une

Ma mère à moi est morte ;

Il n’y a plus de mère au monde :

Mère, c’est celle que j’avais !

Soleares – Cante flamenco – GLM