Quelle est donc la face cachée de cette maternité emblématique, celle de la Mater dolorosa, la mère des douleurs ? Elle se décrit en musique dans les pièces Stabat mater dolorosa, la mère debout à l’ombre de la croix où agonise son fils.

Diverses représentations déclinent cet aspect, telles les Déplorations et Piétas, dont la plus célèbre est celle de Michel-Ange dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Mater Dolorosa 1

Moins connue, mais plus puissante, est sa Pieta Rondanini au Castello Sforza à Milan.

Mater Dolorosa 2

Les Primitifs Flamands regorgent de Vierges des douleurs, dont l’une des plus belles est celle d’Adrien Ysenbrandt, exposée à l’église Notre-Dame de Bruges.

Mater Dolorosa 3

Toute de noir vêtue, elle médite sur ses souffrances liées à sa maternité, ayant en mémoire la prophétie de Siméon : « et toi, un glaive te transpercera le cœur » (Lc 2, 34-35). Quand cette image se répand, elle est souvent accompagnée d’un verset des Lamentations : « Vous qui passez, voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur… (La 1,12)».

En ces temps de commémoration de la Première Guerre mondiale, plusieurs monuments aux morts sont mis à l’ordre du jour. Ils sont parfois un dur rappel de l’affliction indicible des mères, tel celui de Strasbourg qui représente une mère en Piéta, pleurant ses deux enfants morts à la guerre, l’un Français et l’autre Allemand…

Mater Dolorosa 4

Nulle maternité toute lisse et sans souffrance… mais les mères restent debout – stabat mater – en mère courage. Nous en avons pour preuve les mères qui n’acceptent pas la fatalité et se battent pour qu’on reconnaisse leur désenfantement inique, ce deuil sans nom de leurs enfants disparus, comme ont fait les Madres de la Plaza de Mayo en Argentine, jusqu’à ce que justice leur soit rendue.

Mater Dolorosa 5